Maputo pour l’égalité des sexes: comment intégrer la perspective de l’égalité des sexes dans un projet de mobilité urbaine?

Posted on : 15 juillet 2020

Dans le cadre de la Convention des Maires d’Afrique subsaharienne, les conseils municipaux de Maputo, Boane et Matola travaillent avec l’Agence métropolitaine des transports pour développer un système de transport durable.

L’un des principaux objectifs de ce projet est d’inclure la perspective de genre dans les politiques de mobilité et les espaces publics urbains de la zone métropolitaine, ainsi que dans ses programmes en matière de transport, d’énergie et de changement climatique.

Pour discuter et mieux comprendre ce sujet, l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID) a organisé une session de webinaire avec l’experte en genre Maria Peix, de la région métropolitaine de Barcelone (BMA) et Sara Marquez, coordinatrice de projet à l’ONG Architecte sans frontières (ASF).  Le personnel de l’AECID impliqué dans le programme de la Convention des Maires d’Afrique subsaharienne (CoM SSA) a assisté au webinar

Bien qu’à première vue, « genre » et « mobilité » n’aient qu’une seule lettre en commun, ils sont en fait profondément liés.

Alors, est-il possible d’adopter une perspective de genre pour des projets tels que ceux que le CoM SSA promeut ? Maria Peix a donné une réponse claire : un oui catégorique! Elle a mentionné que des études montrent que la planification et la conception des transports sont généralement considérées comme neutres du point de vue du genre. On part du principe que les projets de transport bénéficient de la même manière aux hommes  qu´aux femmes et qu’il n’y a pas de différences significatives entre les besoins et les modèles de déplacement des deux sexes. Au contraire, la façon dont les femmes vivent la mobilité est très différente de celle des hommes. Les femmes présentent des schémas de mobilité plus complexes, elles utilisent de façon plus variée les différents modes de transport . En particulier, elles utilisent davantage les transports publics et les espaces publics pour se déplacer à pied à différents moments de la journée. Cela est dû à l’existence d’inégalités sociales profondes et persistantes, aux rôles et responsabilités des hommes et des femmes au sein du foyer. Cela signifie souvent que les femmes assument davantage d’activités de soins et de courses à domicile, ce qui a conduit à une sous-estimation de leur utilisation dans les évaluations classiques des transports. Au cours du webinaire, Maria a donné une liste d’actions qui contribuent à minimiser certaines questions de genre liées à la mobilité urbaine, telles que la conception de lignes de bus qui tiennent compte des horaires des femmes, une offre de stations de bus plus sûres, l’amélioration de l’éclairage le long des trottoirs, la sensibilisation aux questions de genre et des programmes de renforcement des capacités pour que les responsables politiques et les décideurs comprennent et apprécient pleinement les questions de genre.

Il sera nécessaire d’adapter les services de transport public jusqu’à ce que l’égalité des sexes existe vraiment ; jusqu’à ce que les femmes soient pleinement intégrées au marché du travail et que les tâches domestiques et de soins soient partagées avec les hommes.

Sara Marquez a également fait part de quelques expériences d’ASF dans le pays qui ont permis de mieux comprendre les défis auxquels les citoyens sont confrontés dans les espaces publics : « Dans les rues de Maputo, seulement 20 % de l’espace est dédié aux piétons et, en plus,  ce pourcentage est occupé par le parking pour les voitures. »

« 88% de la population de Maputo utilise les espaces publics avec de nombreuses formes de mobilité publique contre  12% qui utilise les transports privés. »

Elle a souligné l’importance de l’application de la planification urbaine participative dans les activités liées à la réhabilitation des espaces publics et à la protection du droit à la ville, en tant que droit inaliénable d’utiliser n´importe quel espace dans la ville, et en tant que mécanisme de protection de la population qui vit dans des villes au processus d’urbanisation rapide comme Maputo.

La zone métropolitaine de Maputo est principalement formée par les conseils municipaux de Maputo, Boane et Matola. Elle a une population d’environ trois millions d’habitants et fait face à des défis majeurs dans sa volonté d’améliorer la mobilité métropolitaine, tels que la croissance rapide de sa population, l’occupation de zones périurbaines non planifiées, ainsi qu’une forte demande et une faible offre de transport. En outre, un autre facteur important est l’augmentation de la violence à l’égard des femmes dans les transports  publics, que ce soit à l’arrêt de bus et pendant le trajet en bus.

Le programme CoM SSA aide les villes d’Afrique subsaharienne à relever les défis interconnectés du changement climatique et de l’accès à l’énergie durable. Il a débuté en 2015 avec le soutien de l’Union européenne. Depuis 2019, l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID) fait partie du CoM SSA, et le Mozambique est l’un des pays sélectionnés et avec lequels  ils travaillent. En 2020, Maputo et Matola ont entamé le processus d’adhésion au programme CoM SSA, qui permettra aux conseils municipaux de développer plusieurs actions axées sur l’atténuation du changement climatique grâce à un modèle de mobilité inclusif et durable dans l’aire métropolitaine de Maputo.

Le programme de la Convention des Maires d’Afrique subsaharienne aide les villes d’Afrique subsaharienne à relever les défis interconnectés du changement climatique et de l’accès à l’énergie durable.

Il a débuté en 2015 avec le soutien de l’Union européenne. Depuis 2019, l’AECID fait partie du CoM SSA, et le Mozambique est l’un des pays sélectionnés et avec lequels  ils travaillent. En 2020, Maputo et Matola ont entamé le processus d’adhésion au programme CoM SSA, qui permettra aux conseils municipaux de développer plusieurs actions axées sur l’atténuation du changement climatique grâce à un modèle de mobilité inclusif et durable dans l’aire métropolitaine de Maputo.

Depuis plusieurs années, l’Agence métropolitaine des transports de Maputo, Architecture sans frontières et l’Aire métropolitaine de Barcelone  ont mené à bien un certain nombre de projets qui ont notamment permis d’améliorer les droits des femmes en matière de mobilité dans le Grand Maputo. Dans le cadre du programme CoM SSA, ce partenariat avec l’ONU-Habitat restera actif. Ils mettront conjointement en œuvre un projet qui se centrera sur le renforcement de l’approche métropolitaine et en particulier sur le thème des transports et la récupération des espaces publics. Il est prévu que leurs activités soutiennent les trois piliers du programme CoM SSA (Pilier I : Développement d’un plan d’action sur le climat ; pilier II : Soutien aux projets d’infrastructures urbaines ; et pilier III : partenariats entre villes/régions).

Discuter de la mobilité implique l´examen des rôles des hommes et des femmes en ce qui concerne l’utilisation des transports, la sécurité et le bien-être, les économies locales, ainsi que l’aménagement urbain accessible et la gouvernance métropolitaine. La mobilité urbaine peut être le théâtre de défis considérables, mais elle est aussi le théâtre de nombreuses solutions inspirantes qui créent des villes plus inclusives, plus sûres et plus accessibles.

 

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