Les villes trouvent des moyens innovants pour poursuivre la collecte de données pour leur PAAEDC pendant la pandémie

Posted on : 9 décembre 2020

Les signataires de la CoM SSA se sont récemment rencontrés en ligne pour partager leurs succès et leurs défis en matière de collecte de données pour leurs PAAEDC. Lors de cette rencontre, les participants ont souligné que les savoirs traditionnels et la coopération avec les gouvernements nationaux étaient des éléments clés pour compiler des ensembles de données utiles et robustes.

L’un des principaux avantages d’être signataire de la CoM SSA, qui est cofinancée par l’Union européenne (UE), le Ministère allemand pour la coopération économique et le développement (BMZ) et l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID),  est que cette initiative offre la possibilité de s’inspirer d’autres villes pour mieux planifier le changement climatique et, in fine, de prendre des mesures concrètes pour le climat.

Lors de la journée CoM SSA au congrès virtuel sur les Solutions Climatiques Locales pour l’Afrique 2020, trois signataires soutenus par GIZ et ICLEI Africa ont présenté les enseignements qu’ils avaient tirés en réalisant la collecte de données pour les trois principaux piliers de leurs Plan d’action pour l’Accès à l’Energie Durable et pour le Climat (PAAEDC). Ces piliers sont l’adaptation, l’atténuation et l’accès à l’énergie durable. Les villes ayant présenté leur expérience étaient  Garoua au Cameroun, le comté de Nakuru au Kenya et Bobo Dioulasso au Burkina Faso. Cette session n’était ouverte qu’aux autres villes signataires de la CoM SSA afin de se focaliser sur le processus de développement d’un PAAEDC de la CoM SSA.

La COVID-19 continue d’avoir un impact important sur la collecte de données et c’est l’un des défis principaux  que les villes ont pu aborder. Les municipalités ont trouvé des moyens novateurs de poursuivre leur travail malgré les restrictions. M. Hamidou Baguian, Directeur pour l’Environnement à la ville de Bobo Dioulasso, a expliqué comment son équipe a modifié le format des ateliers d’évaluation des risques et de la vulnérabilité afin de respecter la réglementation qui prévoit de ne pas avoir plus de 15 personnes dans une salle. Au départ, les ateliers étaient prévus pour 30 à 40 personnes de chaque quartier de la municipalité, réunissant des experts de tous les secteurs, mais ils ont été modifiés pour respecter la limite de participants, en se concentrant sur un thème spécifique, par exemple l’agriculture, l’énergie et l’eau.

Pendant la deuxième partie de la session, les représentants des villes signataires participants ont été répartis dans deux salles de réunion où ils ont pu discuter des présentations des trois villes et partager leurs expériences sur la collecte de données, les leçons apprises et les différentes méthodologies dans leurs propres villes.

Certains participants ont souligné la nécessité d’impliquer les communautés locales dans une approche participative pour la collecte de données. En effet, les communautés locales détiennent des données essentielles, des connaissances et des informations autochtones, ainsi que des solutions qu’elles appliquent déjà pour lutter contre le changement climatique et ses conséquences. D’autres ont identifié un besoin important de se mettre en relation avec le gouvernement national et les ministères concernés afin de demander des données, ou d’aligner les actions et les objectifs sous-nationaux en matière de climat et d’énergie sur les objectifs nationaux tels qu’ils sont exprimés par les Contributions Déterminées au niveau National des pays ou les Plans Nationaux d’Energie ou d’Adaptation.

Les ressources et les processus nécessaires pour institutionnaliser ce processus de collecte de données dans l’administration de la ville ont également fait l’objet de discussions dans les salles de réunion. Par exemple, Mme Grace Karanja, Directrice pour l’Environnement, l’Energie et les Ressources Naturelles du comté de Nakuru, a déclaré que le personnel de la ville devait « conseiller nos autres secteurs départementaux frères afin de s’assurer qu’ils intègrent les questions relatives au changement climatique dans leurs départements et qu’ils disposent de modèles d’efficacité énergétique dans leurs secteurs afin que nous puissions mettre en place ce que nous appelons un comté intelligent sur le plan climatique ».

La session a montré qu’il n’existe pas de processus ou de méthodologie idéale pour collecter des données et que les villes doivent adapter ces processus à leurs besoins et à leur contexte, en combinant potentiellement des méthodes participatives et scientifiques courantes. Quelles que soient les méthodes, le message est clair : il est de la plus haute importance d’impliquer de différentes parties prenantes dans le processus de développement du PAAEDC.