Lions en chasse: Les villes africaines révolutionnent la lutte contre le climat urbain grâce à l’innovation financière

Posté le : 5 octobre 2019

Deux publications majeures sur le financement du climat dans les villes africaines, élaborées dans le cadre de l’initiative de la Convention des maires pour l’Afrique subsaharienne, seront officiellement lancées lors du Sommet « Climate Chance » qui se tiendra du 16 au 18 octobre 2019 à Accra, au Ghana. Cette conférence réunira des représentants de collectivités locales provenant de tout le continent, ainsi que des banques de développement et des financiers. Cette conférence promet d’être un lieu productif et animé d’activités et l’occasion d’établir un lien entre l’expérience des villes de la CoM SSA et les attentes des bailleurs de fonds et des financiers.

Combler le déficit de financement

La mobilisation de fonds, et en particulier de fonds liés au climat, dans le contexte africain, s’est avérée l’un des principaux obstacles au développement durable pour les gouvernements infranationaux. Cela s’explique par des raisons telles que la faible solvabilité, des systèmes de

collecte de recettes instables, une expertise technique et financière limitée et des processus de demande excessivement onéreux. Les gouvernements locaux en Afrique subsaharienne sont confrontés à des défis similaires en ce qui concerne l’élaboration et la mise en œuvre de leurs plans d’action pour l’accès à l’énergie durable et le climat (SEACAP). En réponse à cela, l’initiative CoM SSA, par le biais du travail de l’un des partenaires d’exécution, ICLEI Africa, a fourni un soutien aux villes signataires de l’Association CoM SSA afin d’identifier et de saisir les opportunités de financement de leurs SEACAP et des activités associées. Les deux publications parues en octobre rendent compte de l’expérience et du travail accompli jusqu’à présent avec les villes de la CoM SSA.

Deux publications présentant des solutions concrètes aux villes

Ces deux publications inaugurales sont les premières parmi de nombreuses ressources à être développées dans le cadre de la CoM SSA pour financer des actions en faveur du climat et de l’énergie au niveau local en Afrique subsaharienne. Leur objectif est de fournir une vue d’ensemble des instruments de financement (subventions, prêts, partenariats public-privé, mécanismes de financement innovants, etc.) disponibles pour les villes d’Afrique subsaharienne afin de développer leurs plans d’action climat d’accès durable à l’énergie (SEACAP) et la mise en œuvre de leurs projets liés au climat.

Les deux produits, qui sont complémentaires, mettent en évidence le fait que des outils et des mécanismes de financement créatifs, inclusifs et flexibles se développent en Afrique subsaharienne qui non seulement répondent aux défis climatiques mais permettent également aux économies locales de se développer.

La publication de cartographie des finances , intitulée «Le paysage de la finance climatique dans les villes en Afrique subsaharienne», fournit des recommandations aux villes et aux collectivités locales afin de les guider vers les institutions susceptibles de financer leurs SEACAP. La deuxième publication intitulée «Financement de l’action pour le climat et l’énergie dans les villes africaines» donne 10 exemples concrets de villes d’Afrique subsaharienne qui ont réussi à puiser dans différentes sources de financement pour développer leur SEACAP ou mettre en œuvre une action climatique au niveau local.

Quelques leçons clés: coopération, modèles innovants et nouvelles technologies en tant que catalyseurs d’accès à la finance climat locale

Ces deux publications conduisent à des conclusions similaires. Elles soulignent toutes les deux la valeur d’une coopération efficace et d’un partenariat ciblé entre les différentes sphères de la société publique, privée et civile, afin de renforcer l’action climatique locale. Il a été prouvé que la coopération entre les collectivités locales dans le processus de planification pourrait réduire les coûts de développement du SEACAP ainsi que le temps nécessaire pour achever le processus. En termes de mise en œuvre, les partenariats et autres modèles de coopération tels que les PPP, le cofinancement, les pools de mutualisation de risques et les coopératives se sont révélés être des vecteurs précieux pour débloquer des financements au niveau local.

Les deux publications encouragent les villes à diversifier leurs sources de financement et à explorer de nouvelles sources de financement, novatrices et inexploitées, qui se sont révélées être un facteur de succès majeur pour les nouveaux modèles de développement du climat urbain et des infrastructures en Afrique. Ces modèles novateurs comprennent l’Obligation Verte, qui affecte les

recettes aux projets environnementaux et rembourse les investisseurs au moyen de recettes municipales ou autres. Ces obligations ont été émises avec succès par les villes de Johannesburg et du Cap, villes sud-africaines, qui ont ouvert la voie à d’autres villes africaines. Un autre exemple de gouvernance financière innovante est le Fonds local pour le climat du Comté de Makueni au Kenya. Ce fonds dédié et décentralisé fonctionne au niveau infranational, sans la lourde bureaucratie liée aux grandes sources de financement, mais avec suffisamment de fonds pour répondre efficacement aux besoins locaux.

Enfin, la technologie se révèle être un catalyseur et un moteur majeurs de sauts exponentiels dans l’accès au financement pour les activités liées au climat. Certaines innovations incluent l’utilisation du financement participatif pour les actions climatiques locales. Restant à développer sur le continent, les avantages des innovations technologiques sont indéniables. Ils facilitent et rendent moins chère la gestion des ressources, la collecte de données et l’attraction et la facilitation des investissements au niveau local. Ils offrent également un moyen d’accélérer l’inclusion financière et sociale, le renforcement des capacités, un meilleur accès aux ressources et, finalement, l’autonomisation des communautés.

Il ne fait aucun doute que les villes africaines sont sur le point de connaître une immense croissance au cours de la prochaine décennie. En effet, celles qui sont en mesure de tirer efficacement parti de cette croissance bénéficieront d’avantages sociaux, économiques et environnementaux considérables. Une planification efficace de l’action locale, appuyée par des stratégies de financement climatique éclairées, fait partie intégrante de la recette du succès.