Intensification de l’action innovante sur le climat dans les comtés du Kenya

Posté le : 6 octobre 2019

«Si vous voulez aller vite, partez seul. Si vous voulez aller loin, partez ensemble… »

Le Kenya, déjà connu pour son leadership climatique en Afrique de l’Est, fait de grands progrès dans la lutte contre le changement climatique au niveau infranational en habilitant ses pays à agir dans le cadre d’initiatives relatives au climat. Dans le cadre de l’initiative de la Convention des Maires en Afrique subsaharienne (CoM SSA) (financée par la Commission européenne, le BMZ et l’AECID), la GIZ et ICLEI Africa ont exploré certaines de ces initiatives avec les comtés et ont entamé un dialogue avec les parties prenantes nationales pour permettre la mise à l’échelle de solutions climatiques innovantes.

La déconcentration des pouvoirs au Kenya a permis le transfert de pouvoirs, de fonctions et l’allocation de ressources aux Gouvernements de Comté. En vertu de ce système gouvernemental déconcentré, les comtés préparent des Plans de Développement Intégré et des Plans d’Action pour le Climat qui permettent de planifier l’action pour le climat et l’accès à l’énergie au niveau des comtés. Les comtés sont déjà en train de prendre des mesures pour lutter contre le changement climatique et étudient les possibilités de les développer et de trouver des solutions climatiques innovantes au Kenya.

La GIZ et ICLEI Africa ont collaboré avec les comtés de Nakuru, Mombasa et Makueni dans le cadre de l’initiative CoM SSA, qui aide les autorités locales à lutter contre le changement climatique et à garantir un accès durable à l’énergie. L’équipe a exploré, discuté et visité des projets dans les comtés qui ont de bonnes pratiques d’action pour le climat et un potentiel de mise à l’échelle.

Le Comté de Nakuru, à travers son projet de fabrication de briquettes consistant à transformer les déchets humains en ressources financières, honore la promesse incluse dans son slogan : « Le comté aux possibilités illimitées ».

Le charbon de bois et le bois combustible  sont les sources d’énergie prédominantes au Kenya, ce qui a largement contribué à la déforestation dans le pays. Dans le même temps, la biomasse couvre plus de 68% des besoins énergétiques des ménages.  

Pour relever le défi de la déforestation en plus de fournir un accès durable à sa population en énergie, un projet dans le comté de Nakuru fournit un combustible à base de biomasse respectueux de l’environnement, en transformant les déchets humains en briquettes. Ceci est réalisé grâce à un processus innovant qui réutilise les matières fécales et les eaux usées dans la production de biomasse pour la fabrication de briquettes carbonisées. Le produit, plus connu sous le nom de Makaa Dot Com, est plus propre, plus efficace, moins cher que le charbon de bois, dure plus longtemps et ne dégage pas d’odeur lorsqu’il brûle!

Dirigée par NAWASSCOAL, une société appartenant au Service des Eaux du comté, l’usine de briquettes a pour objectif de porter ses ventes actuelles de 5 tonnes à entre 150 et 250 tonnes au cours des cinq prochaines années, pour un impact plus important sur le climat.

Le comté de Mombasa a souligné l’importance de travailler avec différentes parties prenantes pour faire avancer l’action contre le changement climatique.  CoM SSA a organisé un atelier d’une demi-journée réunissant des responsables de comté des départements de l’environnement et des déchets; eau et assainissement; gestion des risques de catastrophe; et même une organisation à base communautaire qui travaille en étroite collaboration avec le comté.

Les participants ont appris un modèle intéressant, à savoir la collaboration en matière de restauration de la mangrove, menée par le secteur privé et le comté, et dirigée par la communauté.

La seule forêt de mangrove classée à Mombasa, qui est maintenant dégradée à 45%, se trouve le long d’une crique locale. Le modèle «Adopt-a-Site» de Big Ship, une organisation communautaire, engage des parties prenantes telles que les comtés et le secteur privé dans la restauration active de la forêt de mangroves, en aidant à l’adaptation au climat en créant un puits de carbone.

Dans le cadre de leur initiative sociale d’entreprise, le secteur privé « adopte » des sites de mangrove et apporte un soutien financier au projet. Grâce à cette initiative, l’exploitation forestière des mangroves a diminué et les communautés se sont vu proposer d’autres moyens de subsistance grâce à la vente de plants de mangrove et à l’élevage d’abeilles.

Bien que cette initiative soit conforme à la stratégie de rétablissement de la mangrove de 10% du Gouverneur, elle a été mise en place et a évolué de manière organique grâce à la participation de divers acteurs, démontrant ainsi qu’une action peut être entreprise sans nécessiter de longs processus formels. Pour renforcer le succès de ce modèle d’adoption de site, trois sites de mangroves seront ajoutés.

Le Fonds pour le Changement Climatique du Comté de Makueni (CCCF)

Le Fonds pour le climat du Comté de Makueni démontre une utilisation novatrice des finances publiques nationales pour aider à accroître l’accès aux ressources disponibles pour la mise en œuvre des priorités en matière d’adaptation. Pour ce faire, il suffit de réserver des fonds pour le climat dans le budget du comté et d’associer les personnes les plus vulnérables aux aléas du changement climatique à la décision de les dépenser.

Le Fonds Climat du Comté de Makueni  est centré sur le citoyen; Il utilise des comités de planification du changement climatique pour permettre des processus inclusifs tels que des évaluations participatives de la vulnérabilité et des données climatiques pour hiérarchiser les projets. Le comté facilite la fourniture d’un appui technique dans la sélection d’investissements d’adaptation ou de services ayant un impact bénéfique pour la population. Conformément aux priorités nationales définies dans le plan national d’adaptation du Kenya, le Comté contribue au renforcement des politiques nationales relatives au changement climatique, tout en respectant les priorités locales en matière d’adaptation.

Les comtés et projets kényans présentés démontrent bien que la prise en compte des effets du changement climatique requiert la participation de nombreuses parties prenantes et qu’il est fidèle au proverbe africain: «Si vous voulez aller vite, partez seul. Si vous voulez aller loin, partez ensemble. »Dans le même esprit, lors de la mission, le CoM SSA a noué des relations avec de multiples parties prenantes au Kenya, notamment le Conseil des gouverneurs, divers ministères, des organisations internationales, des financiers, des partenaires de développement et le secteur privé, en vue de trouver des moyens de mettre en œuvre et d’intensifier les solutions climatiques au niveau local.